dimanche 12 septembre 2010

C'est qui le roi ?

Le début septembre est sympathique aux Etats-Unis car il commence par un jour férié, le Labor Day. Etant le lundi, c'est le signe annonciateur d'un week-end de trois jours... et donc d'une balade dans un Parc National !!! Bon, pour des raisons indépendantes de ma volonté, les 3 jours ne purent être pris pour la rando, mais bon, j'ai néanmoins pris la route en direction d'un Parc encore jamais visité, même si j'étais passé juste à côté il y a quelques mois: le Kings Canyon National Park ! Situé au sud du Yosemite, dans la continuité de la chaîne de montagnes, il est jumelé avec le Sequoia National Park attenant. Lors de mon passage au Sequoia, la neige cachait alors les rochers et bloquait même l'accès au Kings Canyon en lui-même.

Cette fois-ci, la neige avait bien évidemment complètement fondue et l'accès était ouvert partout. Alors je n'ai pas énormément de choses à dire sur ce Parc pour une fois. Déjà parce que la durée du séjour fut nettement moins importante que d'habitude (en gros, 1 jour et demi de présence dans le Parc, c'est court) et parce que nous n'étions pas dans un état d'esprit de grande randonnée/course que j'ai plus coutume de vous relater. Là, on était plus tranquilles et les pistes de randonnée semblaient relativement longues et n'offraient pas de boucles, mais uniquement des aller-retours, ce qui limite forcément le nombre de choses que l'on visite.

La route était également assez longue et finalement, nous n'avons pu arriver à l'entrée de la piste de rando qu'à une heure avancée de 15-16h (après enregistrement dans la tente-cabine réservée pour l'occasion). A partir de là, sachant que la nuit est noire à partir de 20h environ, ça laisse peu de temps pour effectuer une longue marche. Nous avons néanmoins effectué dans les 15 km (en tout) pour atteindre un des points d'attraction les plus proches : la Mist Fall. La rivière que nous avions remonté pendant quelques kilomètres chutait alors sur une grande étendue de roche et m'a permis de tester ma toute nouvelle acquisition : un filtre gris pour mon appareil photo. Le but, c'est de diminuer la luminosité qui arrive sur l'appareil photo et ainsi étendre le temps de pose ce qui permet d'obtenir l'effet de filé que l'on peut observer sur la plupart des photos de cascades. Parenthèse technique terminée.

Je me suis donc bien fait plaisir sur cette cascade, même si la lumière trop déclinante, avait un peu déserté les lieux. Tant pis, l'arrivée dans ce lieu est restée assez magique. Le chemin du retour fut un peu plus funky avec notamment la tombée de la nuit. Autant le chemin aller avait été le théatre de nombreuses pauses, autant le retour fut effectué au pas de course et achevé dans l'obscurité la plus totale. Ayant oublié d'amener ma lampe-torche, nous avons fini à la lumière de l'assistant d'auto-focus de mon appareil photo :D C'est amusant. Bon c'est sur on a toujours peur dans ces moments-là que la faune locale sorte un peu plus qu'à l'accoutumée et qu'on se retrouve face à un ours, un lion des montagnes ou toute autre joyeuseté qui n'apprécierait pas trop que l'on vienne l'ennuyer sur ses plates-bandes. Enfin bon, au final, on a rejoint ma voiture sans encombre, content d'arriver néanmoins et la route jusqu'à la tente-cabine fut plus relaxante. Une petite heure passée à observer les étoiles et à discourir de choses et d'autres et le sommeil du juste nous saisit.

Le lendemain, le retour se profilait déjà et la longue randonnée n'était malheureusement pas tellement envisageable non plus, du coup nous nous sommes rabattus sur un certain nombre de petites choses. Nous avons ainsi commencé par la visite des grands Sequoias avec en particulier le Grant Tree. Je ne sais plus quel record celui-là bat (plus gros volume, plus grande branche qui porte sur la gauche si on regarde vers le nord avec la tête en bas) et on s'en fout (enfin il me semble), mais il est très impressionnant et joli.

Une petite paroi rocheuse attaquée par quelques touristes inconfortables avec leur propre corps m'a permis de me la raconter un bon coup en le grimpant en courant. Mon coté showman en a profité pour prendre son petit quart d'heure de gloire en le refaisant 3-4 fois en prenant les chemins les plus compliqués et en redescendant en sautant un peu partout. Ahlalala que c'est facile de se la raconter aux USA quand même. D'ailleurs, tant que je parle de ça, je me suis mis doucement à l'escalade à proprement parler. Berkeley possède quelques rochers de dizaines de mètres un peu planqués et où les gens vont s'amuser à découvrir l'escalade. Un de mes potes américains étant un grand adepte de cela m'a proposé de l'accompagner et j'ai donc effectué mes premières montées accroché à des cordages pour éviter la chute. Bref, je débute, je vais essayer de lutter contre mon vertige par cela aussi, même si en fait, accroché à une corde, ça ne me dérange pas plus que ça. Enfin bon j'ai déjà expliqué que mon vertige est malheureusement beaucoup trop réfléchi en fait, je n'ai juste pas l'innocence de pensée des gens qui ne se rendent pas compte des dangers... Quand il y a une sécurité, je n'ai plus peur finalement.

Bref, la petite balade entre les sequoias s'acheva assez rapidement et nous prîmes ensuite la route en direction d'un autre point d'intérêt du Parc : une grotte. Bon, là, la visite n'était pas tolérée par soi-même et nous avons du nous joindre à un groupe pour pouvoir l'effectuer. Cela reste frustrant mais bon, étant donné le lieu, je peux comprendre. Après une petite demi-heure d'attente et un repas à base de saucisson et autres joyeusetés charcutières, nous avons filé le train au groupe de touristes jusqu'à la grotte. Notre guide fut un régal pour moi puisqu'il arborait une superbe moustache et m'a fait rêver pendant toute la visite, mais cela n'est qu'un détail. Après la Mist Fall, je me suis donc essayé à un deuxième exercice casse-gueule de photographe : la photo sans pied, sans flash dans un endroit très sombre. Bon sur la quarantaine de photos, je dois en avoir 5-6 vraiment nettes... Va falloir bosser le truc. Je devrais arrêter le café déjà ;)

En dehors de ça, la grotte était très jolie, pleine de stalagmites et tites de partout. Même les touristes ne m'ont pas insupporté pour une fois, et je pense que c'est à noter car ça n'arrive pas tous les jours. Bref, pas grand chose de plus à raconter sur le sujet, c'est une grotte quoi.. C'est visuel, mais y'a pas grand chose à raconter non plus. Donc je vais me taire et vous laisser regarder les photos hein.

Après cette petite visite, il était déjà 16h et le temps de rentrer au bercail était déjà arrivé. Visite trop courte donc, qui laisse un peu sur sa faim mais qui fut très agréable néanmoins. J'espère pouvoir revenir et effectuer une balade plus longue et notamment grimper en haut des pics que l'on a pu observer le samedi lors de notre balade le long de la rivière. Quelques pistes partaient dans ces directions et les vues aux différents sommets devaient être particulièrement impressionnantes. A refaire donc, mais le premier passage fut déjà superbe. Toujours un délice ces Parcs.

jeudi 26 août 2010

Lost in wild

Après réflexion, je vais zapper la partie de mes vacances en France(qui remontent déjà à longtemps pfou ça passe vite !) pour attaquer directement une petite balade effectuée à la suite de celles-ci. A peine rentré et pas encore remis de mes tribulations françaises que l'on me proposait d'aller tuer mes petits mollets lors d'une petite randonnée sur la côte. Comme je suis poli et que j'avais pas envie de me manger du décalage horaire sans rien dire, deux jours après avoir atterri à San Francisco, je refaisais mon sac pour aller crapahuter dans de la caillasse.

But du voyage cette fois-ci : arpenter environ 40 kilomètres de plage en trois jours avec tentes et nourriture dans le sac. Lieu : la Lost Coast. Ce bout de côte est appelée la côte perdue car elle est située loin de toute route aux alentours. Seuls points d'accès, deux parkings au début et à la fin de ces 40 kilomètres. Nous avons donc atteint l'un de ces deux parkings avec une voiture, montés à cinq dans la deuxième voiture du voyage et rallier l'autre bout de la piste. But : rejoindre la première voiture et en bonus : s'en prend plein les yeux.

Cette côte étant située à environ 3 heures de route de Berkeley, qu'il fallait faire un grand aller-retour sur une route qui ressemblait plus à une piste pour 4x4 qu'autre chose pour aller déposer la première voiture et que le samedi matin, des fois c'est dur, nous avons commencé la randonnée sur les coups de 14h30-15h. Et donc, qui dit côte dit plage (pas tout le temps je suis d'accord mais souvent quand même) et qui dit plage dit sable. C'est donc avec 15 kilos de matos sur le dos que nous sommes allés enfoncer nos pieds dans du très joli sable noir. Autant dire que ça défonce un peu les jambes de marcher dans le sable comme ça. Heureusement ce n'est pas du sable trop fin et juste à coté de l'eau, il est suffisamment épais pour ne pas céder trop profondément sous notre poids. Cela étant, les trois premières heures de randonnée passées et grâce au fait que la plage faisait une jolie courbe, nous pouvions toujours voir notre point de départ. Presque décourageant.

Enfin, à part me plaindre, je dois bien avouer que la côte en elle-même est superbe. Complètement désertique donc, puisque perdue, le retour à la nature est total et les nuages bloqués par les collines environnantes distillent une ambiance lourde et mystique, d'aucuns diraient Burtonienne. Premier arrêt vers 19h dans un "camping" situé dans une crique qui permet de s'éloigner de l'eau et ses marées et d'aller trouver un peu d'herbe pour pouvoir étendre son tapis de sol en espérant ne pas trop se ruiner le dos. Une petite heure passée à essayer de faire réchauffer un repas préparé la veille à base de légumes et de petits poulpes grillés (je n'ai pas choisi le menu, je vous rassure, je ne mange toujours que des burgers et des pizzas), à l'aide d'un réchaud car les feux semblent bizarrement interdits (chose que nous a appris un ranger présent sur le camping... enfin un ranger.. un homme des bois qui a dormi à la belle étoile, arborant une barbe de 15 mois et accompagné d'un chien qui semblait tout aussi que le propriétaire). Après ce long épisode du repas, nous nous endormîmes du sommeil du juste malgré le peu de distance effectuée en ce premier jour.

6h30, il fait froid, les nuages ont empli la crique, une légère bruine a transpercé la tente (dont nous n'avions pas le dessus anti-pluie... organisation quand tu nous tiens :D) pendant une bonne partie de la nuit, la lumière est là, mais le soleil n'est pas présent. Nous nous levons donc, un peu d'avoine réchauffée dans de l'eau bouillante fait office de petit déjeuner à mes camarades. Moi je ne peux pas.. L'avoine, ça dépasse mes capacités :D

Nous reprenons la route après avoir empaqueté nos quelques effets. Le sable laisse place à une partie plus falaise où nous sommes obligés de monter et donc de rejoindre une zone d'herbe qui longe la plage en hauteur. Du coup, la marche est plus simple et plus rapide. Nous avalons les kilomètres comme un écureuil mange ses noisettes. Les nuages sont toujours présents, on ne s'en débarasse pas comme ça, mais participent toujours à créer une atmosphère particulière et nous évite également accessoirement de mourir de chaud, donc on ne s'en plaint pas trop.

Le long de la route, nous avons également découvert un certain nombre de cadavres d'animaux marins venus s'échouer sur la plage pour finir leurs jours. Petit bilan : 3 phoques, un petit requin et un dauphin Risso (ça ressemble à une petite baleine, même nez et taille d'environ 3-4 mètres) horriblement éventré (la nature est cruelle, blablabla). A la crique où nous nous sommes arrêtés pour la deuxième nuit de camping, nous avons également trouvé un crane de cheval, comme quoi on trouve de tout et cette côte devrait plutot s'appeler la côte de la mort. Heureusement, la vie animale vivante est nettement présente aussi, avec les désormais traditionnels phoques qui jonchent les rochers, des loutres également dont une est venue nous régaler de ses acrobaties terrestres le deuxième soir et les collines alentours regorgent de biches et autres joyeusetés. Profitant d'une pause, je me suis éloigné un peu dans les collines et ai pu faire fuir un serpent... pas exprès bien sur, je me baladais gentiment quand pouf, un beau serpent s'est carapaté devant moi. Quand on sait que la zone contient de nombreux serpents à sonnette... bah on a un peu peur et on revient sur la plage dare-dare !

Le retour à la nature est donc confirmé par la vie animale qui nous entoure et on se régale de tout cela. Deuxième nuit après plus d'une vingtaine de kilomètres engloutis dans la journée, on aura bien profité du coucher de soleil, du son des vagues qui viennent battre inlassablement le sable épais. La nuit est réparatrice mais pas encore assez tout de même et la dernière journée qui sera pourtant assez rapide en termes de marche semblera interminable. Arrivée à la voiture malgré tout. Les sacs se déposent rapidement, les épaules se délient, les pieds récupèrent le ballon de foot contenu dans le coffre de ma voiture et quelques passes permettent d'éliminer le peu de reste d'énergie encore présent dans nos corps.

Un petit arrêt au Grocery store du coin pour acheter quelques victuailles revigorantes et direction Berkeley pour gouter enfin à un vrai repos et une vraie nuit de sommeil, dans un lit, à l'abri du vent, du froid et de la pluie. Raaah c'est vivifiant la Californie du nord :D



mercredi 28 juillet 2010

Iron Lion Zion & Bryce

Les quelques semaines qui viennent de s'écouler furent relativement agitées avec notamment un passage par le pays du camembert qui a impliqué le calme plat de ce blog. Et maintenant je me retrouve à raconter plein de trucs avec un certain retard et j'ai déjà raconté/vécu les choses que je vais décrire dans cette note et la suivante avec la plupart de mes lecteurs. Bref, ça ne va pas m'empêcher de profiter du fait que j'ai de la matière pour pouvoir faire vivre cet espace de partage. Et comme j'ai pas envie de me fouler, j'vais vous faire la description du mois qui vient de s'écouler dans l'ordre chronologique.

Commençons donc par le week-end prolongé de la fête nationale américaine, soit celui du 4 juillet, où le jour férié devait tomber le dimanche, mais qui était reporté au lundi pour pouvoir avoir le droit de souffler malgré tout. Autant dire qu'il était temps pour moi d'avoir un peu des vacances et donc je profitais de ce jour férié pour en rajouter un autre et je me suis offert un week-end de 4 jours qui m'a permis d'aller rejoindre le croco (voir les commentaires pour savoir qui c'est) à Los Angeles direction deux Parcs Nationaux que nous avions en tête depuis un certain temps. En septembre dernier nous avions effectué un petit tour du côté du Grand Canyon, d'Antelope Canyon et autres Monument Valley et Horseshoe Bend et pendant ce trip, nous avions eu la bonne idée de faire une étape courte dans le Parc Zion Canyon. Peut-être un des meilleurs moments de ce premier voyage. C'est donc tout naturellement que nous avons décidé d'aller l'explorer plus profondément ainsi que le Bryce Canyon situé tout à côté et qui s'accorde avec le premier.

Ces deux Parcs sont liés par le fait que l'un découle de l'autre. En effet, Bryce Canyon correspond au plus haut plateau et à la première dégradation de la roche par l'érosion, qui en descendant, va donner naissance plus bas au Zion Canyon. Les deux sont donc créés par l'érosion mais ont donné à deux spectacles totalement différents. Pour paraitre logique, nous avons entamé par le Canyon situé le plus haut (et aussi le plus loin, en terme de voiture parce que bon c'est pas à coté de LA tout ça, dans les 8-9 heures de route quoi..), soit Bryce Canyon. Ce canyon situé à environ 3000 mètres de haut est peu étendu et présente seulement quelques pistes de randonnées. Nous nous sommes donc lancés dans l'une d'elles qui parcourait une grande étendue de celui-ci et là, quel spectacle encore une fois ! Les formations rocheuses nommées hoodoos jonchent le sol et nous laissent devant un paysage quasi irréel comme le témoignent j'espère les photos. Des espaces énormes remplis de stalagmites rocheuses, des rochers percés de part en part et qui tiennent encore, défiant la gravité, et une couleur rouge intense sont le lot de ce Parc.

La première piste engloutie en quelques heures, nous en avons bouffé une petite deuxième en après-midi avant de nous poser sur un point de vue pour le coucher de soleil. Pour cela, nous avons choisi un des endroits les plus simples, avec le Bryce Point, surplombant le canyon et laissant choir une jolie lumière sur les innombrables hoodoos qui s'étalent sous nos yeux. Après cet instant de pure merveille (un peu gaché par l'innombrable présence de Français qui sont vraiment peu discrets quand ils sont à l'étranger... ahlala on mérite bien notre réputation de plus mauvais touristes...), nous avons rejoint notre campement. Oui car pour la première fois, nous avions opté pour le camping afin d'être au plus près des lieux à visiter et éviter ainsi des trajets inutiles en voiture, là où ils sont déjà interminables. Bien nous en a pris, car nous avons pu nous octroyer quelques heures de sommeil en plus. Par contre, nous n'avions malheureusement pas tout à fait assez de couverture pour l'altitude où nous étions (3000 mètres je rappelle..) et nous avons gelé toute la nuit :) C'est tremblotant que nous nous sommes réveillés après une nuit écourtée par de nombreux réveils dûs au froid :) Ah l'aventure quand tu nous tiens ^^

Bref, pour compenser, nous avons tout de suite entamé le petit bout de route qui nous séparait du Zion Canyon, point culminant de notre voyage. Et une fois la tente plantée dans le camp devant le Parc, nous avons pris le bus affrêté spécialement par le Parc pour nous conduire à un endroit qui nous faisait baver depuis un certain temps : le Zion Narrow. En gros, le Zion Canyon possède en son centre une rivière (peut-être liée à l'érosion qui a créé ce lieu... ;) ) et le point le plus éloigné que l'on peut atteindre à l'aide du bus correspond à l'endroit où cette rivière est prise au piège de part et d'autre par une immense paroi verticale. En résumé, deux parois, d'une hauteur que je ne saurai estimer mais on va dire que c'est sacrément haut ouhlala, nous entouraient et nos pieds trempaient dans la rivière. Au tout début, j'ai voulu épargner mes pauvres chaussures à l'eau et ai donc effectué les premières centaines de mètres pied nus... Et là, pour la première fois depuis que je fais de la rando ici, je me faisais doubler par les touristes !! Non mais vous imaginez !! Bon, cessant de céder au ridicule, j'ai mis mes chaussures, au risque de les avoir humides pour le reste du séjour, et ait repris mes courses effrenées dont je suis le spécialiste. Non mais oh ! On va pas se laisser faire sans réagir non plus ;)

Donc bon, j'ai fini tout fou, à galoper sur les cailloux qui formaient le sol, mettant la misère à tous ces pseudo-pros qui avaient des chaussures "prévues pour". Pfff, bande de nazes ^^ Nous avons ainsi remonter le courant pendant 2-3 bonnes heures, nous retrouvant rarement seuls tellement l'endroit est touristique (et bon début juillet ça aide pas non plus) mais nous avons pu tout de même apprécié à sa juste valeur ce monument. La proximité des parois immenses impose vraiment le respect et on se sent tout petit, même en essayant de faire des sauts à partir des rochers les plus hauts atteignables. La profondeur de l'eau était également relativement variable, allant de hauteur de cheville jusqu'à la taille. La progression avec un sac à dos contenant des choses qu'on ne veut vraiment pas mouiller (cher appareil photo c'est de toi dont je parle) n'est donc pas forcément aisé par moments. Bien sur, il est aussi possible de profiter de certains creux pour nager un peu et plonger, mais portant mes lentilles, je n'ai pas osé piquer une tête dans un creux qui semblait pourtant fait pour ça... Raaah faut que j'aille faire du canyoning quelque part, ça doit être trop bon de se jeter de dizaines de mètres dans des petites fosses !

Bref, après quelques heures à faire trempette, nous avons rebroussé chemin et nous nous sommes ensuite étalés sur une pelouse en bord de rivière pour sécher, le temps de voir une petite biche venir s'abreuver et de s'adonner à la douce passion des ricochets :) La nuit suivante fut nettement moins rude que la précédente, l'altitude étant nettement inférieure, le froid ne fut pas le même et la nuit fut donc fortement réparatrice.
Le dernier jour fut principalement composé du voyage retour et de ses trop nombreuses heures de route en direction de Los Angeles, mais nous avons tout de même pu effectuer une petite randonnée plus au sec dans le Parc. Nous avions choisi une randonnée courte nommée Angels Landing. Cette randonnée était déconseillée aux personnes sujettes au vertige.. et effectivement, c'est à déconseiller... mais à toute personne en fait ! C'est juste n'importe quoi de faire cette randonnée sans une sécurité supplémentaire... Donc globalement, la première partie de la randonnée est très agréable, attaquant les falaises suivant un chemin relativement pentu mais parfaitement sur. Et au bout d'un moment, et d'une certaine altitude atteinte, on voit se dérober le chemin de chaque coté de celui-ci. Une falaise à pic s'étale de chaque coté du chemin qui est lui-même de seulement quelques mètres de large, voire moins... Nous avons suivi ce chemin pendant quelques dizaines de mètres puis je fus rattrapé par ma conscience que j'aime la vie et que donc, rebrousser chemin était la solution la plus sure pour pouvoir continuer à l'aimer. Soyons clairs, un pas de travers, et hop c'est fini. Alors certes, on me dira, y'a des dizaines et des dizaines de gens qui passent ici chaque jour, donc bon, y'a pas de raison. Oui.. sauf qu'il y a aussi des gens qui tombent... Certes pas beaucoup si on fait les statistiques et finalement être en voiture est peut-être plus dangereux qu'arpenter cette piste. Oui mais bon. Je ne comprendrai jamais l'inconscience des gens qui se baladent sur ces pistes sans souci... J'imagine bien que la vue au bout de cette piste est absolument extraordinaire, mais je ne pense pas qu'elle mérite de risquer autant. Bref, nous avons pris le chemin du retour avec un peu d'avance sur le programme, mais je ne regrette pas.

9 heures de route plus tard, nous étions donc de retour à LA et après 5 ou 6 petites heures de sommeil, un avion me ramenait à San Francisco. Le lendemain, un autre m'emmenait à Paris, via Philadelphie, mais ça c'est une autre histoire ;)